« Rendez à César… »

Publié dans Paroissiales - 20 octobre 2017

On attend beaucoup des hommes politiques. Et on a beau être parfois désabusés sur le monde politique, cela ne nous empêche pas de nous passionner, jusqu’à l’excès d’ailleurs, à l’approche des élections importantes pour notre pays. C’est ce qui s’est passé l’année (scolaire) dernière. J’y repense de temps en temps parce que certaines conversations avec leur intensité et leurs tensions me sont restées en mémoire et, pour le dire sans détours, m’ont laissé un goût amer. Plusieurs personnes aussi m’ont dit, plus que par le passé, que certaines oppositions avaient entrainé des ruptures : avec des relations, des amis ou à l’intérieur des familles.

Il faut dire que les enjeux de la vie politique sont délicats et graves. Ils sont délicats parce que faire vivre dans l’unité une communauté humaine diverse et parfois opposée ne va pas de soi. Et ils sont graves parce que l’on ne peut pas transiger avec la dignité humaine en cause quand il s’agit de « l’accueil de l’étranger » (pour reprendre les mots de la Bible), de bioéthique, de solidarité…

La maxime célèbre de Jésus – « rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » – ne résout pas tout. Sans doute, mais elle invite à relativiser pour une part ce que l’on attend des dirigeants politiques. Ce qu’ils font est important mais ils ne peuvent pas tout faire. Et surtout leur responsabilité ne doit pas nous dispenser ou nous distraire de la nôtre. Il me semble que les discussions à propos de politique sont souvent plus paisibles avec des gens qui sont engagés eux-mêmes dans la société qu’avec ceux qui ne réfléchissent qu’en théorie. Nous vivrions sans doute mieux les échéances politiques si nous étions plus régulièrement investis dans un domaine ou dans un autre de la vie sociale.

Père Pierre Delort-Laval