Mort, où est ta Victoire?

Publié dans Paroissiales - 14 avril 2017

Le fantasme absolu de l’homme est la victoire sur l’ennemi de tous, celui contre lequel chacun est sûr d’être défait, la mort. Des scientifiques sérieux se joignent à des futurologues fantaisistes pour promettre dorénavant la « mort de la mort », en assurant que par les progrès de la science la mort ne sera bientôt qu’un lointain souvenir ou exclusivement le joyeux choix de ceux qui voudront achever leur vie quand bon leur semblera. Cette idée, ou idéologie, s’appelle le transhumanisme. Il est intéressant de voir que pour dépasser la mort, c’est l’homme lui-même qu’il faut dépasser, transgresser.

La mort comme phénomène unifiant de l’histoire humaine ne peut être balayée autrement qu’en balayant l’homme lui-même. Notre espérance chrétienne est tout autre : ça n’est pas en considérant la mort comme un monstre dont il faut s’éloigner qu’elle peut être vaincue, mais au contraire dans le combat corps-à-corps qu’elle impose, dans son approche et dans son moment. Tel est l’exemple pascal de Jésus : celui dont on peut dire Ecce Homo, « voici l’homme », montre que pour vaincre la mort, il faut l’embrasser pleinement, en se laissant défigurer par son effrayant voisinage, jusqu’à « perdre figure humaine » comme l’avait pressenti Isaïe, puis s’y plonger dans l’accomplissement de tout, en remettant l’esprit.

Jésus n’est pas vainqueur de la mort seulement en raison de sa divinité qui ne pouvait pas mourir, mais en ce qu’il est celui qui le plus pleinement a consenti à passer par elle. Il vit pleinement l’acte de mort pour pleinement ouvrir l’acte de vie définitif que son corps glorifié démontre. L’espérance chrétienne en la résurrection n’est jamais une lutte illusoire et idéaliste contre la mort, la mort n’est qu’un moment, un acte parmi les autres. Pâques n’est qu’une histoire de vie, un passage de la vie à la vie.

De la même manière, nos existences sont marquées par des lieux mortels, des points aveugles de notre histoire, Dieu veuille que nous n’y attardions pas notre cœur, mais que nous soyons tout entiers saisis par l’horizon de vie du quotidien et de l’éternel de nos existence, seul cela vaut la peine ! Le Christ donne sa vie pour notre vie, alors Vivons !

Père Gaultier de Chaillé

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