MES PENSÉES NE SONT PAS VOS PENSÉES…

Publié dans Paroissiales - 22 septembre 2017

Sur le plan de l’action, nous pourrions dire que le propre de Dieu est d’être celui qui n’a de compte à rendre à personne. Dans l’absoluité de son éternité, dans la souveraineté toute puissante de sa primauté, il pourrait faire ce qu’il voudrait sans que nous le comprenions. Dieu pourrait donc faire n’importe quoi, sans que nous ne puissions le comprendre.

C’est là une pensée terrifiante à vrai dire. Voilà un Dieu imprévisible, qui nous mettrait à merci d’un décret arbitraire de sa volonté. Ainsi le voilà qui rend un salaire injuste : celui qui n’a pas travaillé reçoit autant que celui qui a œuvré tout le long du jour. Qu’en sera-t-il le jour où Dieu décidera l’inverse ? Quand il déciderait que celui qui a travaillé ne reçoit pas de salaire, quand le juste n’est pas sauvé mais que le fort triomphe, quand la maladie gagne, quand la guerre l’emporte sur la paix et les larmes sur les rires.

Ce sont là de bien sombres pensées, parce qu’elles sont cohérentes avec qui est Dieu, mais selon la philosophie, et non selon la Révélation. Cette pensée torturante d’un Dieu despote, c’est ce qui conduit la philosophie de Guillaume d’Occam à Sartre, en passant par Leibnitz et Nietzsche, c’est la pensée d’un Dieu dont les décisions pourraient nous surprendre par leurs injustices puisque elles ne sont soumises à rien, pas même à la justice.

Toute autre est la pensée de la Révélation. Devant l’angoisse éventuellement suscitée par la pensée de la grandeur de Dieu, rappelons-nous qu’il révèle en Jésus, quelle est sa pensée. Si nous sommes toujours dépassés par cette pensée, c’est en raison du surcroît qu’est la Croix. Dieu ne juge le pêcheur autrement que du haut de la croix où il prend sur lui la dette, le travail qui aurait dû être fait, le bien négligé.

Si les pensées de Dieu nous dépassent c’est toujours en raison de sa miséricorde, jamais en raison de son intelligence. En fait le mode de pensée divin échappe à la logique mécanique, il répond au pur surgissement de la miséricorde.

La preuve : nous vivons.

Père Gaultier de Chaillé

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