Christ, Roi de l’univers

Publié dans Paroissiales - 20 novembre 2015

 Si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes,

Saint Augustin dans le Xème livre de la Cité de Dieu nous rappelle, que « le vrai sacrifice est toute œuvre qui contribue à nous unir à Dieu dans une sainte société ». Pendant cette solennité du Seigneur, l’Église nous propose de nous immerger dans l’histoire qui se passe au matin du jour marqué à jamais par le sacrifice de la Croix. Jésus Christ passe devant Ponce Pilate afin d’être jugé. Pour beaucoup de témoins c’est un rabbi, un guérisseur qui apparaît devant le préfet de Judée. Derrière ce premier, quelques douze disciples, dont l’un qui l’a trahi, derrière le second, toute autorité du pouvoir de l’Empire romain représenté par l’empereur Tibère. Le verdict semble évident : tuer Jésus le Nazaréen et achever sa troupe.

Nous savons bien que l’Empire romain a cessé d’exister. Nous savons aussi que l’Église ne cesse de se répandre sur tous les continents. Combien de royaumes et de pouvoirs sont tombés ? Mais l’Église continue son chemin à travers les siècles. C’est plutôt réconfortant, n’est-ce pas ? C’est finalement notre Roi qui a eu raison. Pilate a eu tort de ne pas avoir écouté les suppliques de sa femme. Mais nous, nous allons maintenant construire, établir, bâtir, édifier, élever, installer… Et puis, un jour nous sommes découragés. Est-ce tout simplement un burnout (syndrome d’épuisement professionnel) ou déjà la perte de la foi ? Les questions qui commencent par « pourquoi » se multiplient, et le cas de Job nous scandalise plus que l’attitude de ses faux amis.

« Si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré », nous dit le Christ, qui accepte d’être livré. Pourquoi ? C’est une question qui nous est posée pendant cette solennité, qui met en lumière sa royauté « qui ne passera pas », « qui ne sera pas détruite », comme nous explique le prophète Daniel. Qu’est-ce qui ne peut pas être détruit ? Nos ambitions ? Nos constructions ? Nos plans ? Nos succès ? Nos convictions ?

C’est Dieu qui ne peut pas être détruit. Dieu qui est amour. Et, ce qu’il y a de plus divin en nous, son amour en nous, ne peut pas être détruit non plus. Le témoignage de tous les saints, et surtout celui de saints martyres, consiste en cette vérité. L’amour de Jésus Christ, qui est en train de pardonner de la hauteur de sa Croix, ne peut pas être anéanti. Saint Augustin, qui prend toutes les précautions pour éviter de penser que la cité de Dieu soit considérée comme imaginaire et séparée de la cité terrestre, souligne que « le vrai et parfait sacrifice est amour ». L’amour n’a pas besoin de gardes.

Père Marek Langowski

 



TOUS ENVOYES EN MISSION

Publié dans Paroissiales - 23 janvier 2015

Depuis quelques années, l’Église parle beaucoup de « nouvelle évangélisation » et nombreux sont ceux qui entendent cet appel sans savoir comment s’engager, en se sentant incapables, pas assez formés ou saints. Qu’est-ce que la mission ? Que dois-je faire pour prendre ma part ? La liturgie de ce dimanche nous offre des lumières sur cette question simplement et efficacement : pour évangéliser, il faut entendre l’appel de Dieu, comprendre le message qu’il faut transmettre et le dire, tout simplement…

« En passant, il les appela »

Au sein de l’Église, nous n’avons pas tous la même mission, chacun de nous est appelé d’une manière unique par le Seigneur pour prendre part à l’annonce mais nous sommes tous appelés, et Dieu ne force pas notre porte. Le fait que nous soyons tous appelés implique que nous ne pouvons pas rester passifs si nous n’avons pas trouvé notre lieu pour prendre part à la mission. L’Église est un corps qui a besoin vitalement de chacun de ses membres, il n’est pas possible que nous restions imagespassifs. Cette mission propre à chacun peut revêtir de nombreuses formes, familiales, communautaires ou sociales, mais elle doit nous remplir, et nous sommes chacun seul juge capable de dire si nous l’avons trouvée et si nous la remplissons. Dieu ne nous force jamais, cela implique qu’il ne faut pas idéaliser la mission. Ce n’est pas parce que Dieu nous appelle à quelque chose que soudainement tout sera facile et que nous serons mis en marche malgré nous dans l’accom-plissement de notre mission. Dieu n’agit pas par fascination mais par suggestion : à nous de nous mettre ensuite en marche pour ne pas être jeté à la mer comme Jonas…

« Il proclamait l’Évangile de Dieu »

Quel est le message à transmettre ? Jonas parle de la destruction de Ninive, saint Paul dit que le monde va disparaître et Jésus appelle avec urgence à la conversion. Ces messages nous semblent bien alarmistes et peut-être effrayants. Pourtant ce sont des paroles d’espérance ! Si Jonas crie la destruction à venir pour Ninive, c’est parce qu’il y a un espoir que la ville soit sauvée, si saint Paul appelle à se souvenir que ce monde passe, c’est pour dire que toutes les souffrances et les peines du monde présent vont bientôt être consommées dans le retour du Christ, et Jésus, lorsqu’il appelle à la conversion ne fait qu’annoncer l’Évangile, la Bonne nouvelle ! C’est une Bonne Nouvelle que nous devons annoncer, mais elle passe en effet par une obligation de conversion pour qu’elle puisse s’accomplir comme Bonne Nouvelle : si le monde ne change pas, le retour du Christ ne sera pas une Bonne Nouvelle mais une catastrophe ! L’enjeu est de purifier le plus possible dès maintenant pour que les douleurs à venir soient le plus douce possible… Alors oui, le message de l’Église n’est jamais facile, il ne consiste jamais en un simple encouragement démagogique, non, il faut passer par un changement, ce monde doit changer et le changement fait un peu mal. Si le monde n’était pas hostile à ce que nous lui proposons, c’est que notre message n’aurait plus de sens, qu’il ne serait plus une Nouvelle, mais un rabâchage.

« Ils le suivirent »

Comment faire cette annonce ? En suivant Jésus. C’est là où chacun nous aurons notre manière propre d’agir qui dépendra de l’appel que nous avons ressenti au cœur. Nous savons que nous sommes tous appelés, et que le message est simple : changez le monde pour qu’il se prépare à recevoir Dieu. Maintenant, à chacun d’incarner ce message en suivant Jésus à sa manière. Il n’y a pas de méthode universelle de la participation à la Mission, chacun doit sentir au fond de lui le lieu, le mode et le temps qui lui sont donnés, et se lancer ensuite. Mais ce que nous devons garder très clairement à l’esprit, c’est que, comme disait sainte Bernadette « nous ne sommes pas chargés de vous convaincre, nous sommes chargés de vous l’annoncer. » Le change-ment du monde n’est pas de notre responsabilité, ne pèse sur nos épaules que la part de mission que nous devons prendre. Jonas a été jeté dans la mer quand il a refusé la mission, s’il avait échoué à convertir Ninive, Dieu ne lui en aurait pas voulu, il aurait fait sa juste part. Or ce dimanche, il y a précisément une marche en plein dans la grande ville, une « marche pour la vie » bénie par le pape, et qui annoncera précisément cette Bonne Nouvelle en risquant le mépris et l’échec. Il n’est pas de notre responsabilité que cette marche porte du fruit, mais le Seigneur nous demandera ce que nous avons fait pour changer le monde quand il viendra…

Gaultier de Chaillé

 



Ah ! Si tu déchirais les cieux…

Publié dans Paroissiales - 28 novembre 2014

avent-notre-dame-versaillesLe temps de l’Avent est le temps du soupir vers les cieux, le temps de grâce donné pour regarder vers Dieu et nous rendre compte que nous ne sommes ici-bas que des pèlerins en attente, des gens de passage sur cette terre, citoyens de Cieux en perpétuelle demande de l’advenue du règne final et victorieux de Dieu. L’Avent nous permet de méditer sur le mystère de ce temps qui passe et sur notre attitude face à lui. Nous soupirons en regrettant le passé (I) mais nous soupirons surtout parce que nous sommes nostalgiques de l’avenir (II) en essayant d’en reconnaître les traces dans notre quotidien (III).

C’était mieux avant…

Nous avons chacun en nous la nostalgie d’une époque du monde ou de notre vie qui nous donne l’impression que le quotidien est pesant, qu’il fut un temps où nous étions heureux. L’être humain a dans son rapport au temps une tendance à idéaliser le passé en arrondissant les angles des moments vécus jusqu’au point d’en faire un monde idéal où nous rêverions de retourner. Pour beaucoup, la nostalgie renvoie aux temps bénis de l’enfance insouciante, où l’enjeu du jour n’est que de s’amuser et de se bâtir tranquillement, protégé par la bienveillance parentale. Pour d’autres, c’est la jeunesse aventureuse et révoltée qui fut le meilleur temps, ou la jeunesse du couple juste marié, ou la joie d’avoir de jeunes enfants. Nous pouvons aussi regretter une époque, selon notre génération elle ne sera sans doute pas la même, des temps plus lents, plus tranquilles, où les hommes se connaissaient plus et se liaient plus, des temps où l’honneur et le don de soi étaient des valeurs qui voulaient dire quelque-chose. Alors nous repensons à ces temps passés, et nous pouvons bien vite tomber dans la noirceur de la mélancolie, dans le regret sans remède car ces temps passés ne reviendront pas.

Nostalgie de l’avenir

Il faut en fait renverser les choses. Nous avons en nous une nostalgie, fondamentalement inscrite dans notre être, mais ce n’est pas la nostalgie d’un passé qui nous manque, c’est une nostalgie d’un avenir qui nous manque. Nostalgie vient du grec nostos « retour » et algos « souffrance », c’est le synonyme de mal du pays. Mais notre pays n’est pas passé et perdu, il est là, devant nous, nous sommes dans l’advenue de ce pays, parce que notre pays c’est le ciel vers lequel nous soupirons comme Isaïe : « Ah, si tu déchirais les cieux ! » Si nous laissons un peu notre être sortir des contingences matérielles et des préoccupations prosaïques, si nous laissons parler en nous l’homme nouveau et libre, alors nous découvrons viscéralement un attachement au beau qui conduit à Dieu. Comme le dit Baudelaire : « Cet immortel instinct du beau nous fait considérer la terre et ses spectacles comme un aperçu, comme une correspondance du ciel. La soif insatiable de tout ce qui est au-delà, et que révèle la vie, est la preuve la plus vivante de notre immortalité. Quand un poème exquis amène les larmes au bord des yeux, ces larmes ne sont pas la preuve d’un excès de jouissance, elles sont bien plutôt le témoignage d’une mélancolie irritée, d’une postulation des nerfs, d’une nature exilée dans l’imparfait et qui voudrait s’emparer immédiatement, sur cette terre même, d’un paradis révélé. »

Les gages du royaume à venir

Mais nous restons alors dans la peine, si nous ne faisons que soupirer vers le Ciel dans l’inconfort de notre situation présente, notre vie sera bien triste. Le temps de l’Avent est un temps en violet dans la liturgie, comme le Carême, il y a bien un inconfort en effet, mais c’est en même temps un temps de joie parce qu’il donne de vivre l’attente dans la joie. L’exemple qui nous est donné pour vivre l’Avent en chrétiens est celui des enfants autour de nous qui sont déjà heureux de savoir Noël si proche. Ils savent que dans peu de temps maintenant ils recevront leurs cadeaux et ils s’en réjouissent déjà, nourrissant leur espoir par les Noëls précédents où ils ont déjà été comblés.

À leur école, ayons soin durant cet Avent de reconnaître au quotidien de nos vies les signes des dons à venir, que notre calendrier de l’Avent ne soit pas seulement l’occasion de manger chaque jour un chocolat, mais de rendre grâce chaque jour pour un don précis et reconnu, preuve de l’arrivée de dons encore plus grands. Ah ! Vivement que les cieux se déchirent, c’est bientôt !

Gaultier de Chaillé

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Pâque avant Pâque

Publié dans Paroissiales - 13 mars 2014

Dans ce passage d’Evangile, Jésus semble dire à ses disciples, Pierre, Jacques et Jean : « Si vous passez par la mort avec moi, vous prendrez la place de Moïse et Elie ».

1- MOISE et ELIE

Dans la Bible, la montagne est un lieu de révélation. C’est sur la montagne du Sinaï que Dieu révéla son nom à Moïse. C’est au sommet de l’Horeb que Dieu se révéla à Elie. Ces deux figures de l’Ancien Testament ont dû combattre pour rester fidèle à cette révélation qui leur a été donnée par Dieu sur la montagne. Pour être fidèle à la révélation donnée par Dieu, il faut parfois s’opposer à tous et ne faire confiance qu’à Dieu seul. C’est ce que connaîtra Jésus sur la croix. Aujourd’hui, ils sont sur la montagne de cette révélation.

2- REVEIL DE LA MORT

angelico52Ce passage d’Evangile, en effet, donne à voir une conversation. « Moïse et Elie s’entretenaient avec lui. » On ne sait rien de ce qu’ils se sont dit, le texte rapporte qu’ils parlaient ensemble. Comme si la vie en Dieu était une conversation apaisante. Mais une autre voix se fait audible : «Celui-ci est mon fils bien-aimé ». Cette voix apporte de la frayeur, les disciples se cachent la face contre terre. Alors Jésus parle avec ses disciples et leur dit : « Réveillez-vous,n’ayez pas peur ». Il leur dit de se réveiller de leur peur. La situation nouvelle est que les disciples sont dans la même situation que Moïse et Elie au début du texte… Ils s’entretiennent avec Jésus. Tout se passe comme si Pierre, Jacques et Jean avaient pris la relève de Moïse et Elie, comme si les disciples avaient pris la relève des patriarches et des prophètes. Mais il faut garder cela secret jusqu’à ce que le fils de l’homme soit réveillé d’entre les morts. Ce qui fera sortir les disciples de leur peur, ce sera le réveil de Jésus d’entre les morts. Ce qui fait sortir de la peur, c’est d’être réveillé de la mort. C’est la révélation que Jésus voulait faire à ses disciples pour les éclairer sur l’avenir. Ils seront fidèles à cette révélation jusqu’à la mort, comme l’ont été Moïse et Elie, mais ils n’ont rien à craindre puisqu’on sort réveillé de la mort. La conversation qui se poursuit entre Moïse, Elie et Jésus en est la preuve. C’est une conversation éternelle.

3- C’EST PAQUE AVANT PAQUE

Cette transfiguration du Seigneur devant trois de ses disciples, c’est Pâque avant Pâque. Il leur révèle son visage de ressuscité. Pierre, Jacques et Jean connaîtront par avance le vrai mystère du Christ. C’est un peu notre condition de chrétiens dans ce monde.

Père Guy Cordonnier

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Je suis venu accomplir la Loi

Publié dans Paroissiales - 13 février 2014

« Je ne suis pas venu abolir la Loi, mais l’accomplir ».

La Loi !

A l’heure actuelle où la société civile récuse la loi de Dieu, il est bon de conforter notre attachement à cette loi.

Un jour ou l’autre, se posent à tout homme, ces questions :

« Qui sommes-nous ? » « D’où venons-nous ? » « Où allons-nous ? »

C’est à ces questions vitales que seule la loi de Dieu répond.

Dieu nous a créés. Il a donné un sens à sa création. Depuis toujours, il nous appelle à devenir pour lui des fils, participant à sa nature divine.

Pour atteindre ce but, il nous propose une loi, non des contraintes, mais une lumière, un chemin pour y parvenir.

Peu à peu, il a précisé des étapes.

jesus411Aux Juifs, il disait : « Soyez saints parce que je suis saint» et Jésus précisait : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. » Ainsi, toute notre vie doit faire référence à Dieu.

Cela exige des efforts, des renoncements qui sont autant de moyens qui nous approchent du but et nous font grandir dans notre vocation d’homme. C’est alors l’occasion de nous rappeler les paroles de Saint Augustin : « Ou aimer Dieu jusqu’à l’oubli de soi, ou s’aimer jusqu’à l’oubli de Dieu. »

Aujourd’hui, c’est à la lumière de notre foi qu’il nous faut apprécier la valeur des lois humaines. «La Loi de Dieu est parfaite qui rend sages les simples. »

Père Pierre Caro

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Vous êtes

Publié dans Paroissiales - 7 février 2014

Ce passage d’Evangile suit l’enseignement des béatitudes. Comme si Jésus voulait dire à ses disciples que ceux qui sont pauvres de cœurs, les affamés de justice, les miséricordieux, les cœurs purs et les artisans de paix sont le vrai sel de la terre et la vraie lumière du monde. Jésus disait cela à ses disciples à « VOUS ETES »… comme s’ils devaient à l’avenir vivre en communauté de sel et de lumière.

1) COMMUNAUTE DE SEL

Faire une communauté de sel devait parler à un Juif de l’époque de Jésus. Leurs ancêtres, rapporte la Genèse, habitaient la « Mer de sel » (Gn 14,3). C’était aussi dans la vallée du sel que David battit les Philistins et devint roi d’Israël (2 Sam 8,13). Le pays du sel était leur pays et les premiers Hébreux y avaient fait avec Dieu une « alliance de sel » (Nb 18,19). C’était une alliance où Dieu conservait avec Lui le peuple qu’il s’était choisi. Et Jésus, ce jour-là, dit à ses disciples : c’est vous le sel. En vivant les béatitudes, vous manifestez la vraie alliance de Dieu avec son peuple et la nouvelle terre où l’homme doit vivre une alliance de sel avec Dieu.

2) COMMUNAUTE DE LUMIERE

Faire une communauté de lumière était aussi une révélation majeure pour les disciples. Jésus leur disait en effet qu’ils devaient vivre comme Dieu lui-même. La lumière, en effet, était la première création de Dieu lors de la Genèse du monde. Dieu dit : « Que la lumière soit et la lumière fut,

c’était le premier jour » (Gn 1,3). Les disciples priaient les psaumes qui, sans cesse, rappellent que Dieu est revêtu de lumière (Ps 104) que sa Thora (sa loi), elle-même, est lumière (Ps 105, Ps 119), qu’il fait lever sur tous la lumière de sa face (Ps 4,7 ; Ps 31). De plus, les prophètes avaient annoncé que dans le royaume éternel de Dieu, « il n’y avait plus ni jour ni nuit, mais un jour unique et Dieu sera une lumière perpétuelle » (Za 14, 7 ; Is 60, 1-11). Vivre en communauté de lumière, c’est vivre de Dieu comme il est.

3) COMMUNAUTE DE SEL ET DE LUMIERE

Sel et lumièreSi Jésus remet tout cela dans la mémoire de ses disciples, c’est pour les inviter à vivre des béatitudes. Jésus nous dit la même chose, et si nous y regardons de près, cela marche. Combien de fois ne sommes-nous pas en admiration devant la générosité des uns, l’esprit de paix des autres, la miséri-corde vécu par le troisième. Combien de reportages rapportent l’esprit de paix des frères de Taizé par exemple, la joie communicative de notre pape François, ou de nos communautés « Foi et Lumière ». Dans ce monde d’ici, il y a des communau-tés de sel et de lumière comme il y a des personnes qui portent en elles une vraie lumière intérieure. Saurons-nous y recon-naître cette lumière qui est de Dieu. Saurons-nous partager ce sel de vivre ? C’était l’appel de Jésus après l’enseigne-ment des béatitudes. VOUS ETES cela, le sel des béatitudes et la lumière des bien-heureux.

Père Guy Cordonnier

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Il vient habiter aux carrefours…

Publié dans Paroissiales - 23 janvier 2014

« … des païens pour appeler des pêcheurs d’hommes ».

 

Certains diront que cette phrase ne veut rien dire. C’est vrai que si elle était dite en dehors de l’église… elle paraîtrait étrange… C’est pourtant le message de l’Évangile : Il vient habiter aux carrefours des païens pour appeler des pêcheurs d’hommes dans nos capharnaüms d’aujourd’hui.

1- APPELER AUX FRONTIERES

Ce jour-là, Jésus se retira en Galilée. Le mot «galilée» veut dire «tournant des nations». Capharnaüm en était la grande ville sur le lac de Tibériade au nord d’Israël actuel. Dans cette ville, se croisaient les pêcheurs du lac et les artisans, les marchands qui commercialisaient l’huile, les raisins et les grains de l’arrière-pays. Juifs et Grecs se côtoyaient, comme dans cette famille où l’un a un prénom juif, Simon, et l’autre un prénom grec, André. Pour Jérusalem, Capharnaüm est une ville suspecte dont on méprise un peu les habitants. Au début de sa vie publique, Jésus se retire dans cette ville, pas très loin de Nazareth et y commence son ministère. Il y trouve ses premiers disciples : Pierre, André, Jacques et Jean. Il recrute Matthieu, le publicain qui lève l’impôt pour l’occupant et tient le poste de douane. Il y multiplie les signes de sa mission divine : il libère un homme du démon, il guérit la belle-mère de Pierre et le serviteur du centurion romain, il remet les péchés au paralytique qu’on descend par le toit. De tout cela, l’évangéliste y voit un grand symbole, c’est du carrefour des païens que la lumière de Dieu pourra se lever. Ce n’est pas du temple de Jérusalem que Dieu relancera son alliance mais de cette terre des extrémités de la terre. Jésus vient habiter aux carrefours des païens et il appelle des pêcheurs d’hommes.

2- PÊCHER DES HOMMES

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Vous pêcherez des hommes comme vous pêchez des poissons. Vous le ferez sortir de l’invisible, vous irez chercher des hommes au plus profond de ce qui les submerge pour leur révéler qu’ils sont faits pour une autre respiration, pour une autre lumière.

3- PÊCHER DANS LES CAPHARNAÜMS D’AUJOURD’HUI

La première conversion à faire pour réaliser cela n’est pas d’abord morale mais visionnaire. Il s’agit de voir que le règne de Dieu est déjà arrivé dans nos capharnaüms d’aujourd’hui, qu’il est à notre portée dans la complexité des situations de nos vies et qu’il suffit de le pêcher en nous. Si nous sommes du Christ, c’est que quelque part nous avons perçu au plus profond de nous-mêmes un appel venant de Dieu qui a rejoint notre aspiration de vie d’homme et de femme. Il nous reste à être appelant, à aller à la pêche de ce que Dieu dépose en chacun pour les sauver d’eux-mêmes parfois, à montrer que même dans nos capharnaüms d’aujourd’hui Jésus vient habiter au carrefour des païens pour appeler des pêcheurs d’hommes.

Père Guy Cordonnier

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Mérite ou gratuité

Publié dans Paroissiales - 30 août 2013

jesus-merite-gratuiteDans l’Evangile, souvent Jésus promet des récompenses : « à celui qui prie dans le secret le Père donnera une récompense ». « Celui qui donne un verre d’eau à un disciple ne perdra pas sa récompense ». «Le jeune homme riche aura un trésor dans le ciel, s’il renonce à sa fortune pour suivre Jésus ». « Les apôtres qui ont tout quitté pour aller avec le Christ, recevront le centuple ici-bas et la vie éternelle ».

Mais l’apôtre Paul et la liturgie parlent souvent de gratuité : dans Saint Matthieu, on peut lire : « vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. » Dans les épitres pauliniennes, nous lisons : « c’est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis », « oh, pas moi mais la grâce de Dieu avec moi », « c’est par la grâce que vous êtes sauvés ».

Les préfaces de la messe proclament aussi : « Seigneur, en couronnant leurs mérites (des saints), tu couronnes tes propres dons. »

Mérite ou gratuité ?

Jésus parle à des juifs qui ont avec Dieu une attitude de serviteurs àmaître ; aussi il est légitime de parler de mérites et de récompenses.

Avec la révélation du Dieu d’amour qui nous appelle de toute éternité à participer gratuitement à sa nature divine, tout est grâce ! Quel mérite pourrait être en proportion d’un tel don divin ? Avec Dieu, tout est grâce et amour.

Alors, à quoi servent les mérites ? Non pas à demander une récompense mais à élargir sans cesse notre cœur à l’accueil des dons divins.

Tout est grâce.

Père Pierre Caro

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